Des coraux crépusculaires, piliers des écosystèmes sous-marins

importance-coraux-crepusculaires-couv Grande couverture du corail à 90 m de profondeur à Makatea, Tuamotu, Polynésie française qui montre des récifs des coraux crépusculaires. © Julien Leblond/ UNDER THE POLE / Zeppelin Network. Fourni par l'auteur

Des coraux crépusculaires, piliers des écosystèmes sous-marins

Article publié par The Conversation

La zone crépusculaire contient la plus grande quantité de biodiversité marine de tout l’océan, y compris les systèmes de récifs en eaux profondes, essentiels à la santé de la planète. Or cette zone suscite de nombreuses interrogations pour les scientifiques car on y retrouve des coraux dépendant de la lumière alors qu’elle est, de fait, limitée par la profondeur. Les projets de recherches, comme DEEPHOPE, tentent de résoudre ces mystères.

Les coraux, fondateurs des récifs, vivent en symbiose avec des microalgues, les symbiodiniaceae, qui leurs apportent jusqu’à 95% de leur énergie au travers de la photosynthèse. En raison de cette symbiose, on a longtemps pensé que ces coraux vivaient majoritairement dans les zones peu profondes où la lumière était abondante pour permettre le développement de la photosynthèse et donc de la survie des coraux.

Or ces dernières années, l’essor du développement de la plongée profonde et technique – « TEK » qui utilise des recycleurs, des systèmes de plongées en circuit fermé offrant une plus grande autonomie de plongée – a permis d’aller explorer des zones crépusculaires du récif (> 30m), jusqu’alors peu considérées en raison de la difficulté d’accessibilité de ces zones et des contraintes administratives liées à leur exploration.

Le projet « Deep Hope »

Face à ces découvertes, et le besoin de révéler et de comprendre le rôle de ces écosystèmes mésophotiques pour les récifs, un programme de recherches unique en France, intitulé DEEP HOPE, a été lancé en 2021 par Laetitia Hédouin, chargée de recherches CNRS au CRIOBE grâce à une collaboration avec l’équipe d’Under the Pole pour explorer les ECMs (écosystèmes coralliens mésophotiques) de la Polynésie française.

Pendant près de 18 mois, ils ont notamment travaillé dans les eaux des cinq archipels. Au cours de la mission, les explorateurs ont plongé plus de 800 fois, et récolté 4000 échantillons. C’est à 172 m de profondeur que l’équipe Under The Pole a ainsi récolté le corail scléractiniaire photosynthétique le plus profond jamais trouvé.

Laetitia Hédouin déclare lors de la publication de leurs travaux conjoints : « Le programme scientifique Deep Hope mené en Polynésie française bouleverse notre compréhension de la biologie des coraux. Scientifiquement, ce projet marquera à jamais l’histoire de nos connaissances des récifs mésophotiques grâce à l’intense programme de plongées profondes menées par l’équipe d’Under The Pole, et constituera une référence dans le monde de l’exploration et de la découverte des récifs coralliens. Il ne sera jamais plus possible de parler des récifs coralliens sans considérer cette vie dans les profondeurs, pouvant former un radeau de sauvetage pour les récifs de surface ».

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