L’ampleur du réchauffement climatique depuis 1850 résumée en une seule image

evolution-climat-show-your-stripes « Les bandes chauffantes », témoins de l’action humaine sur le climat. © Université Reading / Ed Hawkins

L’ampleur du réchauffement climatique depuis 1850 résumée en une seule image

Par Laurie Henry

Les images du changement climatique créées à l’Université de Reading sont aujourd’hui partagées dans le monde entier, fournissant un avertissement brutal sur la façon dont la planète se réchauffe. Mais avec les récentes prévisions désastreuses du réchauffement climatique, que peut nous dire le passé sur l’avenir de notre climat ?

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies indique que la chaleur, les sécheresses et les inondations deviendront plus courantes et extrêmes. Il a également mis en garde contre l’impact sur l’Arctique, qui se réchauffe deux fois plus vite que la hausse moyenne du reste de la planète.

« Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, l’océan et la terre » écrivent les auteurs. Ils ajoutent que « le seuil crucial de réchauffement de 2°C sera dépassé au cours du XXIe siècle, sans réduction importantes des émissions dans les décennies à venir ».

Une visualisation brutale du réchauffement climatique et de « l’emblème de l’action climatique » créée par l’Université de Reading a été présentée, en 2021, lors d’un événement sur le changement climatique, Green Horizon Perspectives, auquel ont participé des dirigeants politiques et financiers, co-organisé par la City of London Corporation et le Green Finance Institute, et soutenu par le Forum économique mondial.

Des bandes chauffantes populaires

Les « bandes chauffantes » ont été créées par le professeur Ed Hawkins de l’Université de Reading en 2018. Elles montrent clairement et de manière vivante comment les températures moyennes mondiales ont augmenté au cours des 150 dernières années.

Chaque bande représente la température moyenne pour une seule année par rapport à la température moyenne sur l’ensemble de la période. Les nuances de bleu indiquent des années plus froides que la moyenne, tandis que les rouges indiquent des années plus chaudes que la moyenne. La bande de rayures rouge foncé sur le côté droit des graphiques montre comment l’action humaine a contribué au réchauffement du climat au fil du temps.

Les rayures ont été téléchargées plus d’un million de fois en moins d’une semaine après leur première mise à disposition en 2019. Elles sont devenues célèbres ces dernières années en raison de leur conception simple mais frappante.

Alors que les graphiques pour chaque pays montrent les températures annuelles par rapport à la moyenne à long terme dans ce pays, cette version combinée montre comment les changements de température pour chaque pays se comparent à travers le monde.

Les rayures sont disponibles pour toute personne disposant d’un profil sur les réseaux sociaux en tapant « #ShowYourStripes ». Sans compter les nombreuses écoles qui utilisent les rayures pour aider les élèves et les parents à comprendre la réalité de notre réchauffement climatique.

Une actualisation des rayures témoigne de l’ampleur de la crise climatique

Au printemps 2022, les bandes climatiques mises à jour avec les dernières données de température pour plus de 200 pays ont été combinées en un seul méga-graphique illustrant l’impact du changement climatique à travers le globe.

L’image fusionnée, empilant les bandes pour presque tous les pays du monde, est composée d’environ un milliard de données et fournit l’image la plus claire à ce jour de l’augmentation des températures. Il montre nettement quelles parties du monde se réchauffent le plus rapidement en raison du changement climatique, avec des régions comme l’Europe d’un rouge vif.

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Image des données compilées à travers le monde. © Université Reading / Ed Hawkins

 

Sa publication coïncide avec la publication du dernier rapport du GIEC, sur les impacts du réchauffement climatique, de la fonte des calottes glaciaires aux zones devenant trop chaudes pour vivre ou cultiver.

Le professeur Hawkins explique dans un communiqué : « Avec chaque nouveau rapport publié sur le changement climatique, nous devenons plus certains que les conséquences pour la planète seront désastreuses si nous n’agissons pas ». Il ajoute : « Le dernier rapport du GIEC avertit que nous dépassons rapidement la fenêtre d’opportunité pour éviter les impacts les plus destructeurs du changement climatique. Il contient un message clair : Ne rien faire n’est pas une option ».

L’Arctique se réchauffe bien plus vite que le reste du globe

Au cours des dernières décennies, le réchauffement a été le plus fort dans l’Arctique. Ce phénomène, que l’on appelle l’amplification arctique, est l’une des manifestations les plus évidentes du changement climatique. Selon une étude publiée dans la revue scientifique Communications Earth & Environment, la région arctique s’est réchauffée à un rythme quatre fois plus rapide que le reste du monde, au cours des 43 dernières années.

Ce rapport — l’ampleur de l’amplification arctique — est supérieur à ce qui a été généralement rapporté dans la littérature et dans les médias. Le réchauffement a été encore plus fort au niveau local : par exemple, dans la région de la mer de Barents, il a été sept fois supérieur à la moyenne mondiale.

En fait, la modélisation climatique récente et les données d’observation suggèrent que l’ampleur du phénomène pourrait être suffisante pour perturber de manière significative la circulation océanique. Cela pourrait entraîner des changements généralisés des précipitations jusqu’aux tropiques de l’hémisphère sud, et modifier profondément le climat.

En conclusion, l’urgence climatique est indéniable. Alors que s’ouvre la COP 27 en Egypte, les dernières données de l’Organisation météorologiques mondiale révèlent que l’année 2022 pourrait se classer comme la cinquième ou sixième année le plus chaude sur la planète.