crédit photo : PIRATA / IRD (Institut de Recherche pour le Développement)

Après 54 jours passés en mer, l’équipe PIRATA regagne enfin le port de Brest !

Cette année, 12 scientifiques et 25 membres d’équipage ont embarqué pour la 31ème mission du programme océanographique PIRATA depuis le port de Brest (France) au lieu du port habituel depuis 2015 de Mindelo (Cap Vert), en raison de la pandémie. Leur trajet à bord du navire océanographique Thalassa a donc été rallongé de 20 jours de transit pour rejoindre la zone de travail sous les tropiques, au large du Golfe de Guinée. Une campagne exceptionnellement longue de 54 jours passés en mer, sans escale !

Un observatoire océanographique stratégique sous les tropiques

Les océans, constitués à 97% d’eau libre, ont une très grande capacité à stocker la chaleur de l’atmosphère car l’eau est naturellement plus dense que l’air. Sous les tropiques en particulier, régions les plus chaudes du globe, l’océan est comme un énorme réservoir de chaleur et d’humidité.

La zone équatoriale tient par conséquent un rôle-clé dans la régulation thermique de notre planète. Car c’est l’océan qui, animé par des courants aux mouvements lents, assure le transport et la redistribution de cette chaleur de l’équateur vers les pôles. Mais sa constante interaction avec une atmosphère chaude et soumise à des vents rapides peut entrainer le déséquilibre d’une machine climatique toujours prête à s’emballer !

Surveiller et étudier l’interaction océans-atmosphère dans l’océan Atlantique tropical est par conséquent une nécessité. Les recherches doivent aboutir à la possibilité de prédire des phénomènes climatiques extrêmes toujours plus sévères et fréquents dans cette région, notamment les moussons, les cyclones tropicaux ou les évènements « El Niño » Atlantique aux effets dévastateurs pour les populations et les ressources des pays du Golfe de Guinée.

maison africaine ouragan
crédit : T. LEBEL / IRD (Institut de Recherche pour le Développement)

Un réseau pérenne d’observations des interactions océans-climat

C’est dans ce cadre que le programme expérimental d’océanographie PIRATA (acronyme pour « Prediction and Research Moored Array in the Tropical Atlantic ») a été imaginé en 1995, sur la base d’une collaboration internationale réunissant la France, le Brésil et les États-Unis.

PIRATA est né de cette nécessité de collecter sur le long terme des données océaniques et atmosphériques dans l’océan Atlantique tropical. Depuis les années 90, quelques mesures océaniques ponctuelles sont faites dans cette zone le long des routes commerciales, depuis les navires marchands et navires de recherche. PIRATA est venu compléter ces mesures en permettant la mise en place d’un réseau pérenne de surveillance installé en plein océan, avec des mesures fixes.

Une nouvelle fois cette année, au cours de cette 31ème mission PIRATA et dans un contexte logistique compliqué par le contexte sanitaire, la maintenance de ce réseau complet d’observations a été assurée.

Depuis près de 24 ans, la collecte de ces données permet des avancées scientifiques majeures. Les campagnes PIRATA contribuent chaque année à une meilleure connaissance de la dynamique des courants océaniques dans la zone équatoriale. Les scientifiques comprennent également de mieux en mieux les interactions entre l’océan et l’atmosphère dans cette région, et le rôle de chacun dans le système climatique. Année après année, l’impact du réchauffement climatique sur l’océan ou le rôle de l’océan sur les cyclones, les évènements extrêmes dans le Nordeste Brésilien et la mousson africaine sont évalués sur tout l’Atlantique tropical.

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